
Le Centre Jean Gol organise un séminaire bimensuel consacré à la pensée et l’éthique libérales.
Pourquoi un séminaire de pensée et d’éthique libérales ?
En dépit de sa grande richesse, la tradition libérale est largement méconnue. Cette doctrine humaniste n’est que très exceptionnellement enseignée dans le secondaire et à l’université, ou alors, souvent, de manière superficielle et orientée. Le monde politique et associatif n’y est pas familiarisé. Les médias l’ignorent ou la réduisent fréquemment à un certain nombre de stéréotypes erronés et désobligeants, voire infâmants (loi du plus fort, profit pour le profit, etc.). Ainsi, les idées et valeurs libérales sont très peu diffusées dans l’opinion publique.
Le Centre Jean Gol se propose de transmettre ce « patrimoine en péril » aux jeunes générations. L’intérêt d’une pareille entreprise n’est pas purement académique. Il est aussi pratique. Les libéraux doivent être en mesure de combattre sur deux terrains : celui des idées et celui de la morale.
Le terrain des idées
L’objectif affirmé de l’Institute of Economic Affairs qui a porté Margaret Thatcher au pouvoir était de « gagner la bataille des idées ». Le discours antilibéral est, en effet, très prégnant dans le domaine des sciences humaines (sciences économiques, sociales, politiques, communication, journalisme, etc.). La légitimité de l’existence même de la position libérale est souvent remise en cause. On ne compte plus le nombre d’ouvrages paraissant chaque année instruisant le procès du libéralisme. On sait l’influence que les sciences humaines peuvent exercer dans l’opinion publique et, par conséquent, sur le monde politique.
L’éthique libérale
L’éthique libérale est probablement l’une des plus cohérentes qui existent. Cette éthique humaniste fait du respect des droits d’autrui le fondement de toute société. Les adversaires du libéralisme recourent systématiquement au registre moral pour mettre le libéralisme sur la sellette. Les libéraux ne devraient pas avoir peur de les affronter concrètement dans ce domaine. Encore faut-il qu’ils connaissent suffisamment l’éthique libérale (plutôt que de tenter de se dédouaner en reprenant la rhétorique de l’accusateur). Cela leur permettrait d’ailleurs, à eux aussi, d’attaquer le discours adverse sur le plan de la morale.
Depuis deux siècles, les arguments des ennemis de la liberté frappent par leur monotonie. Ils sont néanmoins redoutablement efficaces. Rien de bien neuf sous le soleil : si l’on excepte un certain nombre d’objections théoriques relativement bien charpentées et s’enracinant dans des conceptions alternatives, il s’agit le plus souvent d’arguments fallacieux, d’accusations mensongères et d’objections infondées. Ces critiques, un grand nombre d’intellectuels de la tradition libérale les ont déjà prises en charge et y ont répondu avec talent par le passé. Lorsqu’on prend la peine de les lire, on est frappé de l’actualité des thèses d’auteurs tels que François Quesnay, Anne-Robert Turgot, Charles-Louis de Montesquieu, Adam Smith, John Stuart Mill, Benjamin Constant, Jean-Baptiste Say, Frédéric Bastiat, Ludwig von Mises, Friedrich von Hayek, Jacques Rueff, Raymond Aron pour n’en citer que quelques uns.
Un lieu de réflexion libérale
Ce séminaire se veut un lieu où les libéraux qui le désirent peuvent parfaire leur connaissance des idées, principes et valeurs de la tradition libérale. L’objectif est d’abord de rendre les idées claires aux libéraux parfois déboussolés par la propagande socialiste, écologiste et socio-démocrate. Pour ce faire, il est nécessaire de passer par un examen du libéralisme mais aussi d’un certain nombre de raisonnements économiques fondamentaux. Le libéralisme s’appuie sur une conception de l’homme, du monde et de la société dont il importe de comprendre la logique et l’architecture conceptuelle qui y préside jusque dans ses ultimes ramifications. Par la suite, il s’agit d’exploiter au mieux cet arsenal conceptuel et mettre les idées sur « pied de guerre ». Cette tradition recèle en effet un stock inexploité d’idées choc, de slogans fracassants, de chiffres éloquents et d’arguments imparables.
Ce séminaire est ouvert à tous les libéraux qui le désirent et particulièrement aux étudiants. Le libéralisme est, fondamentalement, animé d’une éthique humaniste et porteur d’idéaux. L’une des vocations du Centre Jean Gol est d’être un carrefour, d’accueillir, notamment, un public de jeunes universitaires et de le sensibiliser à ses travaux. Il est bon de développer la capacité d’identifier l’idéologie et la morale sous-jacente à certains discours et être à même d’y répondre de manière intelligente, sans céder à la tentation d’adopter le discours de l’adversaire parce qu’il paraît moralement séduisant.
Le programme 2007-2008
Ces séminaires sont gratuits mais sur inscription. Ils se tiennent au siège du Mouvement Réformateur (84-86, Avenue de la Toison d’or, 1060 Bruxelles) tous les quinze jours, le jeudi de 18 à 20 heures. Les séances ne dépassent pas deux heures et comprennent une présentation, d’environ ¾ d’heure, d’un ouvrage de la tradition libérale. Cette présentation ne se consacre que très accessoirement à l’auteur et au contexte. Elle vise avant tout à restituer la part la plus intemporelle - et donc actuelle - de l’ouvrage : les idées, principes, valeurs et raisonnements. Cette présentation est suivie d’une discussion sur l’actualité et sur la dimension éthique de l’ouvrage. Il vise à mettre ces idées « sur pied de guerre ».
Jeudi 4 octobre 2007 (18 à 20 h) : John Stuart Mill, De la Liberté
Jeudi 18 octobre 2007 (18 à 20 h) : Friedrich August von Hayek, Constitution de la Liberté et Droit, Législation et Liberté (I) : Règles et Ordres
Jeudi 8 novembre 2007 (18 à 20h) : Friedrich August von Hayek, Droit, Législation et Liberté (II) : Les mirages de la justice sociale et l’ordre juridique d’un peuple libre
Jeudi 22 novembre 2007 (18 à 20h00) : John Rawls, Théorie de la Justice
Jeudi 29 novembre 2007 (18 à 20h) : John Rawls, Libéralisme politique
Jeudi 7 février 2008 (18 à 20 h) : Le débat John Rawls et Robert Nozick: Anarchie, Etat et Liberté
Jeudi 21 février 2008 (18 à 20 h) : Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique
Jeudi 6 mars 2008 (18 à 20 h) : Frédéric Bastiat, Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas
Jeudi 20 mars 2008 (18 à 20 h) : Karl Popper, La société ouverte et ses ennemis
Jeudi 3 avril 2008 (18 à 20 h) : Milton Friedman, Capitalisme et Liberté
Jeudi 17 avril 2008 (18 à 20 h) : John Locke, Second Traité du Gouvernement civil
Renseignements
Corentin de Salle
02/ 500 35 95 ou 0479/41 88 21
Inscriptions
Centre Jean Gol
02/ 500 50 41